Portrait

L'IUT de Saint-Brieuc séduit les jeunes chercheurs

IUT theses 2022

L’IUT de Saint-Brieuc, un institut de formation, mais aussi un centre de recherche

  • Quand on évoque les IUT, on pense prioritairement à la formation et non à la recherche. Pourtant, l’IUT de Saint-Brieuc compte parmi ses personnels, des enseignants-chercheurs qui, toute l’année, poursuivent de nombreux travaux. Établissement composante de l’Université de Rennes 1, l’IUT de Saint-Brieuc, en plus de mener des travaux de recherche, accueille régulièrement des doctorants pour la préparation de leurs thèses.

    L’année 2022 est particulière riche en la matière, puisque 3 doctorants ont soutenu leur thèse ou la soutiennent ces prochains jours. Un doctorant américain a également intégré l’équipe de l’IUT il y a quelques mois pour un nouveau programme de recherche. Les équipements disponibles, associés à une équipe encadrante reconnue à l’échelle mondiale, font de l’IUT de Saint-Brieuc, un établissement qui séduit de nombreux futurs docteurs. Zoom sur ces 4 têtes pensantes mais aussi sur les thématiques de recherche traitées à l’IUT.

  • L’IUT de Saint-Brieuc, terrain de jeu de 4 doctorants

    Mohamad Haydoura – 28 ans : création de micro   composants

    A à peine 28 ans, Mohamad Haydoura a soutenu, le mois dernier à l’IUT de Saint-Brieuc, une thèse de Doctorat portant sur la création de nouveaux micro-composants. Avec le développement des techniques de communication et des appareils connectés, l’industrie a en effet de plus en plus besoin de dispositifs miniatures et notamment d’antennes. Mohamad a travaillé durant 3 ans sur le développement de nouveaux matériaux intégrables dans des micro-composants. Ses années de recherche ont abouti à la création de nouvelles antennes utilisant des céramiques, ce qui limite la perte d’énergie et ainsi augmente le rendement de l’antenne. Ces dispositifs peuvent aussi être reconfigurables, modulables pour une durée de vie maximale. 

    Le fruit de ces trois années de travail tient au creux de la main. Et pourrait bientôt faire partie de nos objets du quotidien, de nos ordinateurs, téléphones portables, réfrigérateurs, voitures ou tout autre objet connecté… Au terme de sa thèse, la production scientifique de Mohamad Haydoura s'élève à 4 publications dans des journaux à comité de lecture, 9 participations à des conférences internationales et 3 participations à des conférences nationales.

    Un emploi dès la sortie de thèse

    Après ses travaux sur les micro-composants, Mohamad s’est vu proposer un poste de post-doctorant, d’une durée de 1 an, dans un laboratoire à Nantes Université. A l’Institut des Matériaux Jean Rouxel de Nantes (IMN), il travaille de nouveau dans l’univers du « minuscule », plus exactement sur de petits dispositifs mémoires, comme les micro-cartes SD.

  • Hanadi Breiss – 27 ans : création de matériaux isolants

    Hanadi Breiss – 27 ans : création de matériaux isolants

    Originaire du Liban, Hanadi a travaillé sur un sujet tout aussi pointu que celui de Mohamad, celui d’élaborer de nouveaux matériaux utilisés notamment dans les chambres anéchoïques (pièces capitonnées où sont absorbées les ondes électromagnétiques). Les murs de ces chambres sont faits de mousses de polymère commerciales (plus exactement du polyuréthane appelée PU) et de poudre très fine de carbone ; ces matériaux s’avèrent peu performants aux basses fréquences, et il faut augmenter énormément leur taille pour pouvoir maintenir une bonne performance d’absorption. Ces mousses PU sont aussi pointées du doigt par les normes européennes à cause de leur composition, potentiellement nocive pour la santé. Des alternatives à ces matériaux sont donc nécessaires.

    Le travail de Hanadi s’est concentré sur la création de nouveaux matériaux absorbants, comme par exemple, le composite fibres de carbone - mousse époxy. Les différents prototypes d’absorbants réalisés ont montré une performance d’absorption égale, voire supérieure, à celle des produits du commerce. Hanadi a proposé également de nouvelles compositions d’absorbants souples et originales, structurées sous forme de matériaux artificiels (dits métamatériaux). Les résultats sont très prometteurs, ouvrant diverses perspectives à ce travail de recherche.

    Le fruit de ce travail a donné lieu à la parution de 4 articles internationaux et à 10 articles dans des congrès internationaux. Autre belle distinction, Hanadi BREISS a reçu le prix de la meilleure présentation orale « The Best Oral Award » à la conférence internationale ISyDMA’6, The sixth International Symposium on Dielectric Materials and Applications, qui s’est déroulée en décembre 2021.

    Pour la suite, Hanadi poursuit son parcours professionnel et ses travaux de recherche en intégrant un poste à l’Université de Bretagne Occidentale, au laboratoire Lab-STICC (Laboratoire des Sciences et Techniques de l'information de la Communication et de la Connaissance) en tant que post-doctorante pour une durée de trois ans.

  • Quentin Tricas – 27 ans : blindage électromagnétique intelligent pour applications en aéronautique

    Quentin Tricas

    Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en 2018 (Ecole Européenne de Chimie Polymères et Matériaux (ECPM) à Strasbourg), Quentin a poursuivi son parcours professionnel par une thèse CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) au sein du groupe Safran Electronics & Defense (site de Eragny) et de l’IETR (Institut d’Electronique et des Technologies du numéRique, UMR-CNRS 6164), sites de Saint-Brieuc et de Rennes. Safran Electronics & Defense est un groupe international de haute technologie opérant dans le domaine de l’Aéronautique, de l’Espace et de la Défense.

    Les travaux de recherche de Quentin avaient pour objectif le développement d’un blindage électromagnétique apposé à la paroi d’une structure comportant une électronique interne sensible à protéger contre les agressions électromagnétiques externes, pouvant entraîner son dysfonctionnement. Ce blindage, déposé en fine couche sur des supports adaptés, devait non seulement présenter une transparence optique maximale mais aussi être « intelligent », c’est-à-dire s’adapter immédiatement au niveau d’intensité des agressions électromagnétiques.

    Quentin a ainsi développé 3 solutions originales de dispositifs à « ajustement dynamique en efficacité », inexistantes à ce jour à l’international.

    Les travaux de recherche entrepris par Quentin ont donné lieu à une production scientifique fructueuse et comportent d’importantes perspectives industrielles pour Safran Electronics & Defense : dépôt de 3 brevets, publication de 2 articles internationaux à comité de lecture et participation à 3 congrès internationaux de premier plan.

    Déjà recruté avant sa soutenance de thèse : depuis mi-janvier 2022, Quentin TRICAS occupe un poste CDI en tant que « Senior Process Engineer » au sein de la société ASM à Louvain en Belgique.

     

  • Matthew Julian – 36 ans : création d’antennes miniatures et compactes

    Arrivant tout droit des Etats-Unis, et après une longue expérience en tant qu’assistant de recherche à l’Université de Floride, Matthew intègre, en tant que doctorant pour une durée de 3 ans, l’équipe FunMAT du département de Science et Génie des Matériaux de l’IUT de Saint Brieuc. Il aura pour sujet de recherche celui de développer de nouveaux dispositifs d’antennes, qui seront plus performants et plus petits. Il travaille à la conception de dispositifs présentant très peu de perte d’énergie et un rayonnement le plus important possible. Suivant les résultats obtenus, ils pourront être utilisés pour la création d’antennes miniatures, utilisées pour la 5G et 6G.

  • Un accompagnement sans faille des pouvoirs publics

    Mohamad, Hanadi ou encore Matthew ont, comme la majorité des universitaires, pu réaliser leur rêve de faire de la Recherche grâce aux soutiens financiers des pouvoirs publics. Sans un coup de pouce des institutions, leur projet n’aurait pu voir le jour. 

    Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, le Département des Côtes d’Armor ainsi que Saint-Brieuc Armor Agglomération ont financé leur contrat doctoral et les ont accompagnés financièrement à Saint-Brieuc. 

    Au-delà du soutien au financement de thèses, d’autres travaux bénéficient également de financement Européen, comme le projet JACADIT qui est financé pour partie par des fonds FEAMP (Fonds Européens des Affaires Maritimes et de la Pêche), auxquels s’associent également le département des Côtes d’Armor et Saint-Brieuc Armor Agglomération. L’équipe briochine de l’IETR a également bénéficié de plusieurs projets CPER (Contrats de plan État-Région). Il s’agit des projets CPER SOPHIE (STIC&Ondes, et Photonique), MATECOM (MATériaux pour l’Electronique et les TéléCOMmunications) et du très récent projet Mat&Trans (Matériaux pour Transitions et Développement Durable). Ces différents projets CPER bénéficient du financement des pouvoirs publics : le Ministère de lʼEnseignement Supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation, la Région Bretagne, le Conseil Départemental des Côtes d’Armor, le Conseil Départemental d’Ille et Vilaine, Saint-Brieuc Armor Agglomération, Rennes Métropole et l’Union Européenne (ERDF).

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  • Intervention de Julian SAN GEROTEO, Conseillère déléguée à l'Enseignement supérieur et à la Recherche.

    Juliana San Geroteo, Conseillère déléguée à l'Enseignement supérieur et à la Recherche.

    " Tout d'abord je tiens à remercier l'IUT de Saint-Brieuc pour l'organisation de ce point presse et pour permettre au Département de s'y exprimer. Félciter également Mohamad Haydoura, Hanadi Breiss et Quentin Tricas pour leurs travaux d'excellence et souhaiter la bienvenue en Côtes d'Armor à Matthew Julian. Tous les 4, vous participez à faire des Côtes d'Armor, une terre d'innovation.

    Le soutien à l'enseignement supérieur et à la recherche est une politique volontariste du Département des Côtes d'Armor. Et dans ce cadre, le Département propose un accompagnement financier aux bourses doctorales et post-doctorales. Chaque année, on est très heureux d'accompagner 4 à 5 nouvelles thèses. Cela représente tout de même un effort financier de 65 000 € pour 2021 pour la collectivité.

    C'est en tout 19 doctorats et post-doctorats qui sont cofinancés cette année sur l'ensemble du territoire costarmoricain dans des institutions de renom que sont : l'ANSES, l'ENSSAT, les deux IUT de Saint-Brieuc et de Lannion, l'INSEAC ou encore l'UCO à Guingamp. Ces jeunes talents poursuivent des recherches de pointe, aux côtés d'enseignants et de chercheurs talentueux, ils participent ensemble au développement de notre territoire.

    Aujourd'hui, ça me tenait très à coeur d'être présente pour vous dire que cet engagement il a un sens : c'est Mohamad, Hanadi, Quentin... c'est la création de micro-composants, de nouveaux matériaux isolants etc, c'est-à-dire un investissement de la collectivité pour l'avenir et pour le dynamisme du territoire tout entier.

    En plus du soutien aux forces vives, le département participe à la structuration de la recherche par le financement d'équipements scientifiques de pointe, indispensable à la recherche. En 2022 le budget consacré aux équipements des laboratoires s'établit à près de 370 000 €. Les plateformes technologiques présentes dans le territoire, ouvertes aux téblissements publics et aux entreprises sont elles aussi un atout majeur pour les Côtes d'Armor.

    Par ailleurs, je profite de ce temps de parole pour signaler que le Département souhaite approfondir sa politique en faveur de la recherche et de son soutien aux doctorants, en élargissant le périmètre de ce soutien avec l'ouverture de nouveaux fonds pour 3 thèses en sciences humaines de la démocratie et de la citoyenneté.

    Encore bravo aux doctorants "

  • [ARTICLE DU TELEGRAMME]

    Le lundi 11 avril, l’IUT de Saint-Brieuc a présenté quatre doctorants qui ont, ou vont, présenter leurs travaux et soutenir leurs thèses sur des sujets de pointe en lien direct avec les besoins de l’industrie et les enjeux du monde de demain. Parmi eux, un doctorant américain qui vient récemment de rejoindre l’équipe d’enseignants-chercheurs. L’institut de formation n’est pas peu fier d’avoir été choisi par de jeunes chercheurs, séduits par des équipements disponibles et par une équipe encadrante reconnue à l’échelle internationale mais aussi attirés, pour certains, par le charme d’une ville moyenne et proche de la mer. Les ...

     

    [SOURCE]

    [Article du Télégramme]

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